Prévention

La prévention du suicide aujourd’hui

« Etre pour la prévention du suicide ne suppose pas que l’on soit contre le suicide.
Il ne faut pas de nouvelles croisades, revenir au Moyen âge ou prétendre l’éradiquer de notre société. Il s’agit simplement d’être conscient qu’au-delà de la question morale, philosophique ou religieuse qu’il continuera toujours de poser, le geste suicidaire s’inscrit d’abord dans la détresse de la personne.
Face à cette détresse, il y a sûrement un regard à porter, une main à tendre, une parole à entendre ; c’est peut-être même cela qu’attendent de nous ceux qui semblent n’attendre plus rien.
C’est parce qu’il y a trop de rendez-vous manqués entre les vivants que certains n’envisagent plus que le rendez-vous avec la mort. »

Pr Michel DEBOUT
Président de L’UNPS

Le suicide et sa prévention font appel à :

– des concepts issus de champs nombreux…
– des recherches et connaissances qui débutent et sont loin d’être stabilisées.
– aucune discipline ne peut prétendre avoir un monopole :
– ni de la connaissance,
– ni de l’action

Il serait aujourd’hui tentant de croire qu’il y a des spécialistes détenteurs des meilleures réponses

Pas de solution unique
Mais une palette d’approches et de mesures complémentaires
pour maintenir un désir de vivre chez les personnes

Le processus de prévention

La gestion et la prévention des risques et surtout celles qui ont trait à la souffrance humaine, constituent un défi car elles imposent une collaboration et une synchronisation des services, des acteurs, des actions notamment grâce à une fluidité et une rapidité des circuits d’informations et de transmission. Qui n’est pas sans poser un grand nombre de questions très complexes. Mais cette synchronisation est indispensable en cas d’urgence, elle est aussi dans la succession cohérente d’actions pour être non seulement simultanément ensemble mais aussi successivement ensemble autour d’une personne en détresse.

Il nous faut être très vigilant :

Aux représentations, aux conceptions et aux discours, aux mythes à propos du suicide et de sa prévention,
– Au fait que la prévention du suicide est en rapport direct avec le statut des signaux faibles,
– A la souplesse d’adaptation, à la réactivité et à la mobilisation des personnes et des organisations face aux signes de détresse et aux signaux d’alerte.

Histoire de la prévention du suicide en France et son évolution

A la suite de la reconnaissance du suicide comme problème de santé publique dans le courant des années 1990, une politique publique spécifique de prévention du suicide est mise en place. L’Émergence d’une priorité nationale de santé publique Lire la suite

L’architecture générale de la prévention du suicide : 4 axes

1 – Promotion de la santé

. Répondre aux besoins des individus en termes de bien être physique, psychique et social
. Ce qui vise à réduire au mieux les souffrances (dysfonctionnements, anomalies, inutiles et évitables)

2 – La prévention des situations à risque

. Agir sur les déterminants du suicide,
. Identification des personnes à risque : diagnostic et traitement des troubles psychiques susceptible de créer une souffrance majeure
. Limiter l’accès aux moyens du suicide

3 – Intervention en cas de crise suicidaire

Actions appropriées à chacune des étapes de la crise suicidaire

  • Idéation
  • L’intention
  • La phase programmation de l’action

4 – La postvention

. Ensemble des actions pour la prise en charge des personnes ou de l’entourage, qui ont vu, assisté ou subi.

. Limiter le phénomène d’imitation, « contagion » auprès des personnes vulnérables, travail sur le contexte.


Le processus de prévention

La gestion et la prévention des risques et surtout celles qui ont trait à la souffrance humaine, constituent un défi car elles imposent une collaboration et une synchronisation des services, des acteurs, des actions notamment grâce à une fluidité et une rapidité des circuits d’informations et de transmission. Qui n’est pas sans poser un grand nombre de questions très complexe. Mais cette synchronisation est indispensable en cas d’urgence, elle est aussi dans la succession cohérente d’actions pour être non seulement simultanément ensemble mais aussi successivement ensemble autour d’une personne en détresse.

La prévention selon l’OMS (1948) : une classification selon le stade de la maladie

Pour l’OMS, la santé doit se définir non seulement comme « l’absence de maladie ou d’infirmité, mais aussi comme un état de complet bien-être physique, mental, social ». « la prévention est l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps», l’OMS distingua 3 types de prévention, qu’elle qualifie de primaire, secondaire ou tertiaire et qui correspondent en fait à des états successifs de la maladie. Ainsi, cela va des moyens à mettre en œuvre pour empêcher l’apparition des pathologies jusqu’à leur thérapeutique, et éventuellement, la réinsertion sociale des malades.
  • Avant l’apparition : la « prévention primaire » L’OMS réunit sous ce vocable de « prévention primaire » l’ensemble des actes visant à diminuer l’incidence d’une maladie ou problème de santé dans une population et donc à réduire, autant que faire se peut, les risques d’apparition de nouveaux cas. Sont par conséquent pris en compte à ce stade de la prévention les conduites individuelles à risque, comme les risques en termes environnementaux ou sociétaux.
  • Au tout début  : la « prévention secondaire » Le but de la prévention secondaire est de diminuer la prévalence d’une maladie ou probleme de santé dans une population. Ainsi, ce stade de la prévention recouvre les actes destinés à agir au tout début de l’apparition du trouble ou de la pathologie afin de s’opposer à son évolution, ou encore pour faire disparaître les facteurs de risque. Dans cette optique, le dépistage – dans la mesure où il permet de détecter une atteinte ou la présence de facteur de risque – trouve toute sa place au cœur de la prévention secondaire. A côté du dépistage, le diagnostic et le traitement prodigué en vue d’éviter la progression sont des composants tout aussi essentiels de la prévention secondaire.
  •  Après : la « prévention tertiaire »  qui intervient à un stade où il importe de « diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives dans une population » et de réduire les complications, invalidités ou rechutes consécutives à la maladie ou au problème de santé. En d’autres termes, il s’agit d’amoindrir les effets et séquelles ou de son traitement. Par ailleurs, la prévention tertiaire vise la réadaptation, sous la triple dimension du médical, du social et du psychologique