Épidémiologie France Suicides

Données épidémiologiques des suicides en France

En 2015, 9109 décès par suicide ont été enregistrés en France Entière  et 8948 en France métropolitaine.

Les statistiques de décès par suicide sont issues des certificats de décès dont la base de données est gérée par le CépiDc-Inserm.
Toutefois, une sous-évaluation est estimée à 10 % pour les données nationales, due en particulier aux décès dont la cause reste indéterminée ou à ceux ayant fait l’objet d’un examen médico-légal dont la conclusion n’a pas été rapportée au CépiDc-Inserm.

Les taux de suicides sont trois fois supérieur chez les hommes.

Les classes d’âge les plus touchées :
- plus de 22 % des suicides concernent les 45-54 ans,
- plus de 17 % des suicides concernent les 35-44 ans ,
- plus de 17 % des suicides concernent les 55-64 ans.

Le taux de décès par suicide augmente fortement avec l’âge chez les hommes et est le plus élevé après 74 ans.

Cependant, la part du suicide dans la mortalité générale est nettement plus élevée chez les jeunes des deux sexes que chez les personnes âgées : Le suicide est la 1ère cause de mortalité des 25-34 ans (20 % du total des décès dans cette tranche d’âge) et la 2ème cause (après les accidents de la circulation) chez les 15-24 ans (16,3 % du total des décès).

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Source INSERM – CépiDC (effectifs de décès de personnes domiciliés en France (France entière)

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France métropolitaine :

 Source INSERM – CépiDC (effectifs de décès de personnes domiciliés en France Métropolitaine
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Le mode de suicide le plus fréquent en 2014 est la pendaison (57 % des suicides), loin devant les armes à feu (12%), les prises de médicaments et autres substances (11%) et les sauts d’un lieu élevé (7%). Ces modes de décès diffèrent sensiblement selon le sexe. Pour les femmes, la pendaison est à l’origine de 42 % des suicides, la prise de médicaments et autres substances de 24 % et les sauts d’un lieu élevé de 13 %. Pour les hommes, la pendaison (61 %) et les armes à feu (16 %) sont les modes les plus utilisés.
Les modes de décès varient également selon les régions : la pendaison est plus fréquente dans le Nord et l’utilisation d’armes à feu dans le Sud. (Source ONS 2018)

En ce qui concerne le suicide, de nombreuses études démontrent également l’importance des facteurs psychiatriques. Selon les recherches en suicidologie, de 50 à 90% des personnes qui se sont suicidées souffraient d’un ou de problèmes de santé mentale (dépression, troubles bi-polaires, anxiétés, addictions, schizophrénie, anorexie…)
Il est estimé qu’avoir fait une tentative de suicide multiplie par 30 le risque suicidaire. Un trouble bipolaire le multiplie par 28, la dépendance à l’alcool par 22, la dépression par 20, la schizophrénie par 8 et un trouble de la personnalité par 3. Ces facteurs s’additionnant. Toutefois il s’agit de statistiques, et des personnes souffrant d’un ou de troubles psychiques peuvent très bien ne jamais tenter de se suicider.
Il n’existe pas un risque mais bien plusieurs étroitement associés, s’inscrivant à la fois dans une histoire personnelle, un contexte familial et environnement social. Le suicide est donc un phénomène multifactoriel, complexe, impliquant des facteurs autant psychologiques, sociaux et biologiques, que culturels et environnementaux.

L’évolution du taux de suicide sur une longue période
La période 1953-2012 peut être globalement découpée en trois phases : une stabilité du taux de suicide pour les années 1953-1976 (1,55/10000), une augmentation régulière entre 1977 et 1985 (2,26/10000) et une décroissance ensuite (1,53/10000 en 2012)

Globalement, le taux de décès par suicide a tendance à diminuer dans le temps : -26 % entre 2003 et 2014. Cette baisse est plus importante sur la période 2008-2014 (-18%) que sur 2003-2008 (-10%).

Taux de décès par suicide par région

Les taux standardisés moyens de décès par suicide entre 2012 et 2014 varient fortement selon les régions (tableau 3).
Le taux de la Bretagne dépasse de 47,7% le taux moyen de la France métropolitaine. Viennent ensuite les régions Normandie, Hauts-de-France et Pays de la Loire, avec des taux supérieurs de plus de 20% au taux moyen de France métropolitaine. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Corse enregistrent les plus bas taux de décès par suicide (inférieurs de plus de 15% au taux moyen de France métropolitaine).
La comparaison des taux régionaux doit être faite avec prudence du fait de la grande disparité régionale dans la sous-estimation du nombre de décès par suicide. Un taux de sous-déclaration a été estimé en 2006 et varie grandement selon les régions. S’il est inférieur à 10 % dans la plupart d’entre elles, il atteint 22 % en Rhône-Alpes et 46 % l’Ile-de-France, ne permettant pas une comparaison correcte entre cette dernière et les autres. Interrogée sur les raisons de cette sous-déclaration, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) indique qu’il peut s’agir de l’enregistrement d’une cause médicale de décès qui masque le suicide (« mort violente indéterminée quant à l’intention »), des cas de morts suspectes qui entraînent une investigation judiciaire, des « causes inconnues » ou des décès pour lesquels l’Inserm n’a pas reçu de certificat.
Par ailleurs, en faisant l’hypothèse d’une certaine stabilité dans le temps des différences d’exhaustivité dans la remontée des suicides entre les régions, on constate qu’entre 2000-2002 (période de référence) et 2012-2014, les taux de décès par suicide ont tendance à diminuer de façon significative quelle que soit la région considérée

 

Source ONS 2018
* L’évolution est significativement différente de 0 au seuil de 5 %.
1 – Taux pour 100000 habitants standardisés selon la structure par sexe et âge de la population Eurostat EU & EFTA.
2 – Variation régionale = (Taux régional – Taux France métropolitaine) * 100 / Taux France métropolitaine (à partir des taux standardisés).
3 – Variation temporelle = (Taux standardisé 2012-2014 – Taux standardisé 2000-2002) * 100 / (Taux standardisé 2000-2002).
4 – Le taux en Île-de-France est fortement sous-estimé en raison d’une absence de transmission des résultats d’investigation de l’institut médico-légal de Paris.
Lecture
• En 2012-2014, en France métropolitaine, le taux de décès par suicide est de 17,0 pour 100000 habitants. Il a diminué de 21,6 % entre 2000-2002 et 2012-2014. En Bretagne, le taux est supérieur de 47,7 % au taux moyen de la France.
Champ • France métropolitaine.
Source • CépiDc-Inserm.

Le suicide constitue donc un réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines qu’il provoque, que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne.

 

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