Épidémiologie

En moyenne 25 décès par jour en France.
Environ 200.000 tentatives de suicide et 80 000 hospitalisations pour TS

En France

En 2014, 9033 décès par suicide ont été enregistrés en France Entière

Les taux de suicides sont trois fois supérieur chez les hommes
Le taux de décès par suicide augmente fortement avec l’âge chez les hommes.

En 2012 il s’élevait à 9,4 décès pour 100 000 hommes âgés de 15 à 24 ans et à 67,1 après 74 ans (taux standardisés).
La tranche d’âge des 45-54 ans est la plus touchée ainsi que les 55-64 ans
En revanche, la part du suicide dans la mortalité générale est nettement plus élevée chez les jeunes : entre 15 et 24 ans, le suicide représente 18 % du total des décès ; à partir de 75 ans, le suicide représente moins de 1 % du total des décès.
Le taux de suicide baisse globalement et diminuent pour toutes les classes d’âges à l’exception des 75/84 pour l’année 2014.
Si le nombre relatifs des suicides des personnes âgées de plus 85 ans est moins élevé par rapport à l’ensemble des suicides, c’est pour cette tranche d’âge que l’on observe les taux de décès les plus élevés.

Source INSERM – CépiDC (effectifs de décès de personnes domiciliés en France (France entière)

 

En 2012, les modes de suicide les plus fréquents sont les pendaisons (54 %), les armes à feu (15 %), les prises de médicaments et autres substances (11 %) et les sauts d’un lieu élevé (7 %). Ces modes de décès diffèrent sensiblement selon le sexe. Pour les hommes, la pendaison est à l’origine de 59 % des suicides et les armes à feu de 19 %. Pour les femmes, la pendaison (39 %) et la prise de médicaments et autres substances (25 %) sont les modes les plus utilisés. Les modes de décès varient selon les régions : la pendaison est plus fréquente dans le Nord et l’utilisation d’armes à feu dans le Sud.

L’évolution du taux de suicide sur une longue période
La période 1953-2012 peut être globalement découpée en trois phases : une stabilité du taux de suicide pour les années 1953-1976 (1,55/10000), une augmentation régulière entre 1977 et 1985 (2,26/10000) et une décroissance ensuite (1,53/10000 en 2012)

Taux de décès par suicide par région
Les taux standardisés de décès par suicide moyens sur la période 2010-2012 varient fortement selon les régions. En Bretagne, ce taux dépasse de 60 % le taux moyen de la France métropolitaine. Viennent ensuite les régions Basse-Normandie, Nord – Pas-de-Calais, Limousin et Pays de la Loire, avec des taux supérieurs de plus de 25 % au taux moyen de France métropolitaine. Les régions Midi-Pyrénées, Corse, Rhône-Alpes et Alsace enregistrent les plus bas taux de décès par suicide (inférieurs de plus de 15 % au taux moyen de France métropolitaine). Entre 2000-2002 (période de référence) et 2010-2012, les taux de décès par suicide ont eu tendance à diminuer quelle que soit la région considérée. Pour trois régions la Basse-Normandie, la Lorraine et le Midi-Pyrénées, cette baisse n’est toutefois pas significative. La seule région où le taux de suicide a augmenté est la Lorraine, bien que le résultat ne soit pas significatif.

Carte de France du taux de suicide 2013

Carte interactive des données 2013 Le Monde, Les décodeurs à consulter sur l’article  « Quels sont la région et le département les plus touchés par le suicide ? », 9 février 2016

Ces statistiques de mortalité ne sont toutefois pas exemptées de biais et conduisent probablement à une sous-estimation du nombre de décès par suicide évaluée en moyenne à 10%.
un taux de sous-déclaration a été estimé en 2006 et varie grandement selon les régions. S’il est inférieur à 10 % dans la plupart d’entre elles, il atteint 22 % en Rhône-Alpes et 46 % l’Ile-de-France, ne permettant pas une comparaison correcte entre cette dernière et les autres. Interrogée sur les raisons de cette sous-déclaration, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) indique qu’il peut s’agir de l’enregistrement d’une cause médicale de décès qui masque le suicide (« mort violente indéterminée quant à l’intention »), des cas de morts suspectes qui entraînent une investigation judiciaire, des « causes inconnues » ou des décès pour lesquels l’Inserm n’a pas reçu de certificat.

Le suicide constitue donc un réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines qu’il provoque, que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne.


LES TENTATIVES DE SUICIDE

Source du chapitre : Santé publique, volume 23, Supplément N° 6, Novembre-Décembre 2011, pp. S13-S29 & BEH Bulletin épidémiologique hebdomadaire N° 47-48/2011

L’exploitation du PMSI (programme de médicalisation des systèmes d’information) permet de suivre les nombres et taux d’hospitalisation pour TS.
De 2004 à 2007, chaque année, entre 90 000 et 98 000 hospitalisations pour TS ont été enregistrées en France métropolitaine.
Si les suicides sont plus fréquents chez les hommes, les TS sont plus fréquentes chez les femmes (65 % des séjours). Les taux standardisés d’hospitalisation pour TS sont présentés dans le tableau IV. Ils sont environ dix fois celui du suicide (× 5 chez les hommes et × 25 chez les femmes).

L’utilisation des données d’Oscour (système de recueil enregistrant les passages dans les services d’urgence hospitaliers mis en place en 2004 par l’Institut de Veille Sanitaire) a permis d’estimer que 63,2 % des passages aux urgences pour TS en 2007 avaient débouché sur une hospitalisation (17,2 % en psychiatrie et 45,9 % dans des unités médicales ou chirurgicales). Le transfert en unités médicales ou chirurgicales a concerné 41,7 % des passages aux urgences pour TS parmi les hommes et 46,4 % parmi les femmes. Cette information, couplée aux données d’hospitalisation pour TS issues du PMSI-MCO, a permis d’estimer le nombre total de recours aux urgences hospitalières pour TS avec ou sans hospitalisation en 2007 à 219 814 [IC à 95 % : 200 948-243 257] répartis en 83 550 [74 707-95 069] recours masculins et 136 264 [126 242-148 189] recours féminins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’après le baromètre 2014, en 2014, 7,1 % (n=985) des personnes interrogées (15-75 ans) déclarent avoir fait au moins une tentative de suicide au cours de leur vie. C’est plus souvent le cas chez les femmes (9,3 %) que chez les hommes (4,9 %; p<0,001). Parmi les personnes déclarant au moins une tentative de suicide au cours de la vie, 36,8 % déclarent au moins une récidive.
Au cours des douze derniers mois, 0,8 % (n=94) des personnes interrogées déclarent avoir tenté de se suicider. La différence observée selon le sexe (0,6 % des hommes vs 0,9 % des femmes) n’est cependant pas significative. Selon l’âge, la prévalence est maximale entre 15 et 19 ans (1,3 %), du fait d’un taux particulièrement élevée chez les jeunes filles de cet âge (2,3 % vs 0,4 % chez les garçons ; p<0,01). La prévalence diminue ensuite entre 20 et 24 ans (0,4 %), se stabilise autour de 0,9 % chez les personnes âgées de 25 à 54 ans, avant de reprendre une évolution à la baisse
chez les 55 ans et plus (0,5 % des 55-64 ans et 0,3 % chez les plus de 65 ans).
Après ajustement sur les variables socioéconomiques, les inactifs apparaissent plus concernés par les tentatives de suicide dans l’année que ceux qui déclarent travailler. Le fait de percevoir sa situation financière comme « difficile ou [de] ne pas y arriver sans faire de dettes » ou encore de vivre seul multiplie par plus de deux le risque d’avoir tenté de se suicider au cours des douze derniers mois.

Parmi les personnes déclarant une tentative de suicide dans l’année, 67,8 % évoquent une raison familiale, 54,6 % une raison sentimentale, 22,3 % une raison de santé et 12,1 % une raison professionnelle. Parmi ces mêmes individus, 43,1 % présentent leur tentative de suicide comme un appel à l’aide, 35,9 % déclarent avoir été vraiment décidés à mourir et 18,6 % déclarent avoir souhaité mourir tout en sachant que le moyen utilisé n’était pas le plus efficace (2,4 % ne s’étant pas prononcés). Chez celles et ceux qui déclarent avoir tenté de se suicider au cours de l’année, 58,4 % ont effectué un passage à l’hôpital et 64,5 % ont été suivis par un médecin ou un « psy ». Le passage à l’hôpital a donné lieu à une hospitalisation d’au moins une nuit dans 92,2 % des cas. En revanche, un quart (26,8 %) déclarent ne pas être allés à l’hôpital ni avoir été suivis par un médecin ou un « psy » suite à leur tentative de suicide. Cette absence de contact avec le système de soins concerne davantage les hommes (41,9 %) que les femmes (15,9 % ; p<0,05). Enfin, 64,2 % des personnes déclarant avoir effectué une tentative de suicide au cours des douze derniers mois indiquent en avoir parlé à quelqu’un d’autre qu’à un médecin ou à un « psy » (82,9 % des femmes vs 38,5 % des hommes ; p<0,01)

IDÉES SUICIDAIRES

D’après le baromètre 2014, en 2014, 4,9 % (n=752) des personnes âgées de 15 à 75 ans déclarent avoir pensé à se suicider au cours des douze derniers mois, les femmes (5,6 %) étant en proportion plus nombreuses que les hommes (4,2 % ; p<0,01). Les prévalences augmentent avec l’avancée en âge pour atteindre un pic entre 45 et 54 ans (6,3 %). Au-delà de 55 ans, et bien que restant élevés, les taux de pensées suicidaires diminuent (5,5 % des 55-64 ans et 4,6 % des 65-75 ans). Cette évolution des prévalences avec l’avancée en âge, croissante puis décroissante, est observée chez les hommes comme chez les femmes.
Après ajustement sur les variables socioéconomiques, quel que soit le sexe, le fait d’être inactif (hommes/femmes au foyer, invalides, congés longue durée, arrêts maladie), de « percevoir sa situation financière comme difficile ou [de] ne pas y arriver sans faire de dettes » ainsi que le fait de « vivre seul » sont associés aux pensées suicidaires dans l’année. Le risque de pensées suicidaires chez les inactifs, en comparaison aux actifs (hors chômeurs), est plus élevé chez les
hommes (OR = 4,8) que chez les femmes (OR = 1,8).
Enfin, chez les hommes seulement, le fait « d’être au chômage » double le risque de déclarer des pensées suicidaires dans l’année.

Concernant les raisons invoquées, 81,6 % des personnes interrogées associent leurs pensées suicidaires à leur vie personnelle et environ 2,0 % à une raison de santé mentale. Parmi les actifs, 44,8 % attribuent leurs pensées suicidaires dans l’année à leur situation professionnelle et, parmi les étudiants, 38,0 % à leur scolarité. Au total, près des trois quarts (71,2 %) des personnes ayant déclaré des pensées suicidaires dans l’année ont été jusqu’à imaginer comment s’y prendre et à peine la moitié (52,9 %) en ont parlé à quelqu’un (professionnel ou entourage).

 

SUICIDE EN EUROPE
Décès par suicide — taux de mortalité standardisé, 2013 (1) (pour 100 000 habitants)
Source: Eurostat


Les taux de mortalité standardisés liés au suicide les plus bas ont été enregistrés en Grèce et à Chypre

Les causes extérieures de décès incluent, notamment, les décès résultant de lésions auto-infligées (suicides) et d’accidents de transport. Même si le suicide n’est pas une cause de décès majeure et si les données de certains États membres de l’Union peuvent être faussées par une sous-déclaration, il est souvent considéré comme un indicateur important de problèmes, auxquels la société doit s’intéresser. En moyenne, en 2013, les suicides ont représenté 11,7 décès pour 100 000 habitants dans l’UE-28. En 2013, les taux de mortalité standardisés liés au suicide les plus bas ont été communiqués par la Grèce (4,8 décès pour 100 000 habitants) et par Malte (5,1). Des taux relativement bas (inférieurs à 8 décès pour 100 000 habitants) ont également été observés à Chypre, en Italie et au Royaume-Uni, ainsi qu’en Turquie et au Liechtenstein. Le taux de mortalité standardisé lié au suicide était trois fois supérieure à la moyenne de l’UE-28 en Lituanie (36,1 décès pour 100 000 habitants), et presque deux fois supérieur à la moyenne européenne en Slovénie et en Hongrie (respectivement 21,7 t 21,2 décès pour 100 000 habitants).
Les taux de mortalité standardisés liés au suicide étaient systématiquement plus élevés chez les hommes que chez les femmes (voir le graphique 5). L’écart entre les hommes et les femmes le plus important a été enregistré en Lituanie, où le taux pour les hommes était de 66,3 décès pour 100 000 habitants, contre 11,7 décès pour 100 000 habitants chez les femmes. Néanmoins, si l’on prend un rapport simple entre les taux pour les hommes et ceux pour les femmes, on peut voir qu’à Malte, le taux pour les hommes (9,7 décès pour 100 000 habitants) était 24 fois plus élevé que celui pour les femmes (0,4 décès pour 100 000 habitants). Ce rapport entre les sexes était également relativement élevé à Chypre et en Slovaquie (respectivement 8,5 et 7,4 fois supérieur pour les hommes) et en Pologne (7,1), tandis qu’il était le plus faible au Luxembourg, où le taux de mortalité standardisé lié au suicide chez les hommes était 1,9 fois supérieur à celui des femmes.

SUICIDE DANS LE MONDE
Source chapitre OMS

 

Suicide mortality rates, by sex, by WHO region and globally, 2012

Plus de 800 000 personnes par an meurent en se suicidant et le nombre des tentatives est encore beaucoup plus élevé. Chaque année, des millions de personnes sont donc confrontées et impactées des pertes cruelles dues à des suicides.

Ces décès peuvent intervenir à n’importe quel âge de la vie et le suicide représentait la seconde cause de mortalité chez les 15 29 ans dans le monde en 2012, Le suicide représente 8,5% de tous les décès Et est la deuxième cause de décès dans ce groupe après les accidents de la route.

Le suicide est un phénomène qui touche toutes les régions du monde; de fait, 75% des suicides ont eu lieu dans les pays à revenu faible ou intermédiaire en 2012. Le suicide a été à l’origine de 1,4% des décès dans le monde, ce qui en fait la quinzième cause de mortalité en 2012.

Les estimations sanitaires mondiales de l’OMS pour les taux de suicide en fonction de l’âge en 2012 peuvent être consultées sur la page de l’Observatoire de la santé mondiale consacrée à la santé mentale

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