Épidémiologie

En moyenne 25 décès par jour en France.
Environ 200.000 tentatives de suicide et 80 000 hospitalisations pour TS

En France

Il convient de bien distinguer les idées suicidaires, les tentatives de suicide et le suicide. il s’agit de phénomènes assez différents sur le plan épidémiologique, même s’ils sont évidemment liés :

« En une année sur 100 000 personnes, 4000 auront une idée suicidaire, mais 180 feront une tentative de suicide, parmi lesquelles 16 compléteront leur suicide »

En 2014, 9033 décès par suicide ont été enregistrés en France Entière et 8879 en France métropolitaine.

Les statistiques de décès par suicide sont issues des certificats de décès dont la base de données est gérée par le CépiDc-Inserm. Toutefois, une sous-évaluation est estimée à 10 % pour les données nationales, due en particulier
aux décès dont la cause reste indéterminée ou à ceux ayant fait l’objet d’un examen médico-légal dont la conclusion n’a pas été rapportée au CépiDc-Inserm.

Les taux de suicides sont trois fois supérieur chez les hommes
Le taux de décès par suicide augmente fortement avec l’âge chez les hommes.

En 2013, 9653 décès par suicide ont été enregistrés en France métropolitaine correspondant à un taux de décès par suicide de 15,5 pour 100 000 habitants. Le nombre de décès par suicide est plus élevé chez les hommes que chez les
femmes (respectivement 7260 et 2393), de même que les taux de décès par suicide  (respectivement 25,4 et 7,3 pour 100000 habitants, soit un taux plus de trois fois supérieur chez les hommes).
Le taux de décès par suicide augmente fortement avec l’âge. En 2013, il s’élève à 5,7 pour 100 000 habitants âgés de 15 à 24 ans et à 37,2 pour 100 000 habitants de 75 ans et plus. En revanche, la part du suicide dans la mortalité générale représente 17 % du total des décès chez les 15-24 ans et moins de 0,5 % du total des décès chez les personnes âgées de 75 ans et plus.

 

Le taux de suicide baisse globalement et diminuent pour toutes les classes d’âges à l’exception des 75/84 pour l’année 2014.

Source INSERM – CépiDC (effectifs de décès de personnes domiciliés en France (France entière)

 

En 2013, les modes de suicide les plus fréquents sont la pendaison (56%), l’arme à feu (14%) et la prise de médicaments et autres substances (11%). Ces modes diffèrent selon le sexe. Pour les hommes, la pendaison est à l’origine de 60% des suicides et l’utilisation d’une arme à feu de 18 %. Pour les femmes, la pendaison (43%), l’ingestion de médicaments et autres substances (24%) et le saut d’un lieu élevé (12 %) sont les modes les plus utilisés.

 

En ce qui concerne le suicide, de nombreuses études démontrent également l’importance des facteurs psychiatriques. Selon les recherches en suicidologie, de 50 à 90% des personnes qui se sont suicidées souffraient d’un ou de problèmes de santé mentale (dépression, troubles bi-polaires, anxiétés, addictions, schizophrénie, anorexie…)
Il est estimé qu’avoir fait une tentative de suicide multiplie par 30 le risque suicidaire. Un trouble bipolaire le multiplie par 28, la dépendance à l’alcool par 22, la dépression par 20, la schizophrénie par 8 et un trouble de la personnalité par 3. Ces facteurs s’additionnant. Toutefois il s’agit de statistiques, et des personnes souffrant d’un ou de troubles psychiques peuvent très bien ne jamais tenter de se suicider.
Il n’existe pas un risque mais bien plusieurs étroitement associés, s’inscrivant à la fois dans une histoire personnelle, un contexte familial et environnement social. Le suicide est donc un phénomène multifactoriel, complexe, impliquant des facteurs autant psychologiques, sociaux et biologiques, que culturels et environnementaux.

L’évolution du taux de suicide sur une longue période
La période 1953-2012 peut être globalement découpée en trois phases : une stabilité du taux de suicide pour les années 1953-1976 (1,55/10000), une augmentation régulière entre 1977 et 1985 (2,26/10000) et une décroissance ensuite (1,53/10000 en 2012)

Globalement, entre 2000 et 2013, les taux de décès par suicide ont diminué de 22 % . La diminution est plus importante chez les sujets âgés (- 32% chez les 75ans et plus) et les plus jeunes (- 29% chez les 15-24 ans).
Par contre, on constate une augmentation chez les hommes de 45 à 64 ans (+ 4,3 % chez les 45-54 ans et + 3,9 % chez les 55-64 ans entre 2000 et 2013).

Taux * de décès par suicide par région

France métropolitaine
*Taux pour 100 000 habitants, standardisés sur l’âge (population Eurostat UE+EFTA 2011).
1. Taux moyen national de décès par suicide en 2011-2013 = 18,6
Note • Variation régionale = (Taux régional – Taux moyen national) / Taux moyen national.
Sources • Certificats de décès (CépiDc-Inserm) ; PMSI-MCO (ATIH) ; exploitation Santé publique France dans Etat de L’état de santé de la population en France 2017

Les taux de décès par suicide varient fortement selon les régions sur la période 2011-2013. En Bretagne, les taux dépassent de 45 % le taux moyen de la France métropolitaine. Viennent ensuite la Basse-Normandie (+ 43%), et les régions Provence – Alpes – Côte d’Azur, Nord – Pas-de-Calais, Picardie et Poitou-Charentes (> + 15%). Les régions Corse, Alsace, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées enregistrent les plus bas taux de décès par suicide (< – 20 % par rapport au taux moyen de la France métropolitaine). Entre 2000-2002 et 2011-2013, les taux de décès par suicide ont tendance à diminuer dans la plupart des régions.

Ces statistiques de mortalité ne sont toutefois pas exemptées de biais et conduisent probablement à une sous-estimation du nombre de décès par suicide évaluée en moyenne à 10%.
un taux de sous-déclaration a été estimé en 2006 et varie grandement selon les régions. S’il est inférieur à 10 % dans la plupart d’entre elles, il atteint 22 % en Rhône-Alpes et 46 % l’Ile-de-France, ne permettant pas une comparaison correcte entre cette dernière et les autres. Interrogée sur les raisons de cette sous-déclaration, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) indique qu’il peut s’agir de l’enregistrement d’une cause médicale de décès qui masque le suicide (« mort violente indéterminée quant à l’intention »), des cas de morts suspectes qui entraînent une investigation judiciaire, des « causes inconnues » ou des décès pour lesquels l’Inserm n’a pas reçu de certificat.

Le suicide constitue donc un réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines qu’il provoque, que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne.


LES TENTATIVES DE SUICIDE

Source du chapitre : Etat de L’état de santé de la population en France 2017 & baromètre 2014

L’exploitation du PMSI (programme de médicalisation des systèmes d’information) permet de suivre les nombres et taux d’hospitalisation pour TS.

Taux d’hospitalisation pour tentative de suicide En 2014, 91 745 séjours hospitaliers en médecine et chirurgie pour tentative de suicide (TS) ont eu lieu en France (DROM inclus) chez des patients âgés de 10 ans et plus, correspondant à un taux d’hospitalisation de 159 pour 100 000 habitants.
. Contrairement aux décès par suicide, les tentatives de suicide concernent plus fréquemment les femmes. Ainsi, le taux
d’hospitalisation pour tentative de suicide est 1,5 fois plus important chez les femmes que chez les hommes, respectivement 190 et 125 pour 100 000. Les taux diffèrent aussi selon la classe d’âges, ils atteignent le niveau le plus élevé (389 pour 100 000) chez les adolescentes entre 15 et 19 ans.


Etat de L’état de santé de la population en France 2017

 

Les taux d’hospitalisation pour tentative de suicide sont passés de 174 pour 100 000 habitants en 2008 à 158 pour 100
000 habitants en 2014 et la diminution est plus marquée chez les femmes que chez les hommes.
Les taux d’hospitalisation pour tentative de suicide varient fortement en fonction des régions.
France entière
Taux moyen national d’hospitalisation pour TS en 2014 = 159
Sources • Certificats de décès (CépiDc-Inserm) ; PMSI-MCO (ATIH) ; exploitation Santé publique France
En 2014, les taux en Picardie et Nord – Pas-de-Calais dépassent de plus de 70 % le taux national. En Bretagne, Haute et Basse-Normandie, les taux sont aussi très élevés (+ 50 %). À l’inverse, les taux les plus bas sont observés en Guadeloupe, Alsace et Guyane où ils sont inférieurs de 60 % au taux national.

 

D’après le baromètre 2014, en 2014, 7,1 % (n=985) des personnes interrogées (15-75 ans) déclarent avoir fait au moins une tentative de suicide au cours de leur vie. C’est plus souvent le cas chez les femmes (9,3 %) que chez les hommes (4,9 %; p<0,001). Parmi les personnes déclarant au moins une tentative de suicide au cours de la vie, 36,8 % déclarent au moins une récidive.
Au cours des douze derniers mois, 0,8 % (n=94) des personnes interrogées déclarent avoir tenté de se suicider. La différence observée selon le sexe (0,6 % des hommes vs 0,9 % des femmes) n’est cependant pas significative. Selon l’âge, la prévalence est maximale entre 15 et 19 ans (1,3 %), du fait d’un taux particulièrement élevée chez les jeunes filles de cet âge (2,3 % vs 0,4 % chez les garçons ; p<0,01). La prévalence diminue ensuite entre 20 et 24 ans (0,4 %), se stabilise autour de 0,9 % chez les personnes âgées de 25 à 54 ans, avant de reprendre une évolution à la baisse
chez les 55 ans et plus (0,5 % des 55-64 ans et 0,3 % chez les plus de 65 ans).
Après ajustement sur les variables socioéconomiques, les inactifs apparaissent plus concernés par les tentatives de suicide dans l’année que ceux qui déclarent travailler. Le fait de percevoir sa situation financière comme « difficile ou [de] ne pas y arriver sans faire de dettes » ou encore de vivre seul multiplie par plus de deux le risque d’avoir tenté de se suicider au cours des douze derniers mois.

Parmi les personnes déclarant une tentative de suicide dans l’année, 67,8 % évoquent une raison familiale, 54,6 % une raison sentimentale, 22,3 % une raison de santé et 12,1 % une raison professionnelle. Parmi ces mêmes individus, 43,1 % présentent leur tentative de suicide comme un appel à l’aide, 35,9 % déclarent avoir été vraiment décidés à mourir et 18,6 % déclarent avoir souhaité mourir tout en sachant que le moyen utilisé n’était pas le plus efficace (2,4 % ne s’étant pas prononcés). Chez celles et ceux qui déclarent avoir tenté de se suicider au cours de l’année, 58,4 % ont effectué un passage à l’hôpital et 64,5 % ont été suivis par un médecin ou un « psy ». Le passage à l’hôpital a donné lieu à une hospitalisation d’au moins une nuit dans 92,2 % des cas. En revanche, un quart (26,8 %) déclarent ne pas être allés à l’hôpital ni avoir été suivis par un médecin ou un « psy » suite à leur tentative de suicide. Cette absence de contact avec le système de soins concerne davantage les hommes (41,9 %) que les femmes (15,9 % ; p<0,05). Enfin, 64,2 % des personnes déclarant avoir effectué une tentative de suicide au cours des douze derniers mois indiquent en avoir parlé à quelqu’un d’autre qu’à un médecin ou à un « psy » (82,9 % des femmes vs 38,5 % des hommes ; p<0,01)

 

IDÉES SUICIDAIRES

D’après le baromètre 2014, en 2014, 4,9 % (n=752) des personnes âgées de 15 à 75 ans déclarent avoir pensé à se suicider au cours des douze derniers mois, les femmes (5,6 %) étant en proportion plus nombreuses que les hommes (4,2 % ; p<0,01). Les prévalences augmentent avec l’avancée en âge pour atteindre un pic entre 45 et 54 ans (6,3 %). Au-delà de 55 ans, et bien que restant élevés, les taux de pensées suicidaires diminuent (5,5 % des 55-64 ans et 4,6 % des 65-75 ans). Cette évolution des prévalences avec l’avancée en âge, croissante puis décroissante, est observée chez les hommes comme chez les femmes.
Après ajustement sur les variables socioéconomiques, quel que soit le sexe, le fait d’être inactif (hommes/femmes au foyer, invalides, congés longue durée, arrêts maladie), de « percevoir sa situation financière comme difficile ou [de] ne pas y arriver sans faire de dettes » ainsi que le fait de « vivre seul » sont associés aux pensées suicidaires dans l’année. Le risque de pensées suicidaires chez les inactifs, en comparaison aux actifs (hors chômeurs), est plus élevé chez les
hommes (OR = 4,8) que chez les femmes (OR = 1,8).
Enfin, chez les hommes seulement, le fait « d’être au chômage » double le risque de déclarer des pensées suicidaires dans l’année.

Concernant les raisons invoquées, 81,6 % des personnes interrogées associent leurs pensées suicidaires à leur vie personnelle et environ 2,0 % à une raison de santé mentale. Parmi les actifs, 44,8 % attribuent leurs pensées suicidaires dans l’année à leur situation professionnelle et, parmi les étudiants, 38,0 % à leur scolarité. Au total, près des trois quarts (71,2 %) des personnes ayant déclaré des pensées suicidaires dans l’année ont été jusqu’à imaginer comment s’y prendre et à peine la moitié (52,9 %) en ont parlé à quelqu’un (professionnel ou entourage).

SUICIDE EN EUROPE
Décès par suicide — taux de mortalité standardisé, 2013 (1) (pour 100 000 habitants)
Source: Eurostat


Les taux de mortalité standardisés liés au suicide les plus bas ont été enregistrés en Grèce et à Chypre

Les causes extérieures de décès incluent, notamment, les décès résultant de lésions auto-infligées (suicides) et d’accidents de transport. Même si le suicide n’est pas une cause de décès majeure et si les données de certains États membres de l’Union peuvent être faussées par une sous-déclaration, il est souvent considéré comme un indicateur important de problèmes, auxquels la société doit s’intéresser. En moyenne, en 2013, les suicides ont représenté 11,7 décès pour 100 000 habitants dans l’UE-28. En 2013, les taux de mortalité standardisés liés au suicide les plus bas ont été communiqués par la Grèce (4,8 décès pour 100 000 habitants) et par Malte (5,1). Des taux relativement bas (inférieurs à 8 décès pour 100 000 habitants) ont également été observés à Chypre, en Italie et au Royaume-Uni, ainsi qu’en Turquie et au Liechtenstein. Le taux de mortalité standardisé lié au suicide était trois fois supérieure à la moyenne de l’UE-28 en Lituanie (36,1 décès pour 100 000 habitants), et presque deux fois supérieur à la moyenne européenne en Slovénie et en Hongrie (respectivement 21,7 t 21,2 décès pour 100 000 habitants).
Les taux de mortalité standardisés liés au suicide étaient systématiquement plus élevés chez les hommes que chez les femmes (voir le graphique 5). L’écart entre les hommes et les femmes le plus important a été enregistré en Lituanie, où le taux pour les hommes était de 66,3 décès pour 100 000 habitants, contre 11,7 décès pour 100 000 habitants chez les femmes. Néanmoins, si l’on prend un rapport simple entre les taux pour les hommes et ceux pour les femmes, on peut voir qu’à Malte, le taux pour les hommes (9,7 décès pour 100 000 habitants) était 24 fois plus élevé que celui pour les femmes (0,4 décès pour 100 000 habitants). Ce rapport entre les sexes était également relativement élevé à Chypre et en Slovaquie (respectivement 8,5 et 7,4 fois supérieur pour les hommes) et en Pologne (7,1), tandis qu’il était le plus faible au Luxembourg, où le taux de mortalité standardisé lié au suicide chez les hommes était 1,9 fois supérieur à celui des femmes.

SUICIDE DANS LE MONDE
Source chapitre OMS  /
Statistiques

Suicide mortality rates, by sex, by WHO region and globally, 2012

Suicide mortality rates, by sex, by WHO region and globally, 2015

Près de 800 000 personnes meurent en raison du suicide chaque année et beaucoup d’autres tentent de se suicider. Par conséquent, plusieurs millions de personnes sont touchées ou subissent un deuil par suicide chaque année. Le suicide survient tout au long de la vie et est la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans dans le monde.

Le suicide est un phénomène mondial dans toutes les régions du monde;
78% des suicides au niveau mondial se sont produits dans les pays à revenu faible et intermédiaire en 2015.


Le suicide représentait 1,4% de tous les décès dans le monde, ce qui en fait la 17e principale cause de décès en 2015.

Il existe des indications selon lesquelles, pour chaque adulte qui est mort par suicide, il se peut qu’il y ait plus de 20 autres personnes qui tentent de se suicider.

En 2015,  le taux le plus élevé est dans la Région européenne de l’OMS (14,1 pour 100 000 habitants) et le taux le plus bas dans la région de la Méditerranée orientale de l’OMS (3,8 pour 100 000).

Taux de suicide normalisés selon l’âge: il y a eu près de 800 000 décès par suicide dans le monde en 2015. Cela indique un taux annuel annuel de suicide normalisé selon l’âge de 10,7 pour 100 000 habitants. Les principales différences entre les pays à revenu élevé et les pays à revenu faible et intermédiaire  sont que les jeunes adultes et les femmes âgées dans les pays à revenu faible et intermédiaire ont des taux de suicide beaucoup plus élevés que leurs homologues dans les pays à revenu élevé, alors que les hommes d’âge moyen des pays à haut revenu élevé ont des taux de suicide beaucoup plus élevés que les hommes d’âge moyen dans les les pays à revenu faible et intermédiaire.
source OMS

POUR ALLER PLUS LOIN